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Les écrans, outils néfastes ou supports bénéfiques : partie 2


Comme nous l’avions explicité dans notre premier article, les outils numériques peuvent avoir des impacts négatifs sur leurs utilisateurs. Nous avions abordé ensemble les conséquences de ces outils sur les apprentissages, sur la santé, ainsi que sur le développement neuronal et émotionnel.


Le but de ce second article est donc de s’intéresser aux impacts positifs qu’il est possible d’imputer aux écrans. Pour cela deux axes seront abordés, celui des apprentissages et celui du développement cognitif.


1. L’impact sur les apprentissages.


Un certain nombre d’arguments en faveur des outils numériques concernent les différentes utilisations qu’il est possible d’en faire. Parmi ces arguments figure l’idée selon laquelle les outils numériques seraient capables d’offrir une « meilleure individualisation de l’apprentissage » en pouvant par exemple être utilisés pour aider des élèves menacés d’échec scolaire, ou encore, en étant mis à disposition des élèves porteurs de handicaps ou présentant des troubles spécifiques de l’apprentissage (troubles DYS). Notons que cette possibilité existe déjà a minima, par exemple, pour des enfants malvoyants pour qui la taille de la police est agrandie ou qui bénéficient d’un système d’audiodescription (Bihouix et Mauvilly, 2016).


Dans son article « Dyslexie, les tablettes peuvent aider les enfants à apprendre à lire » de 2013, Cordonnier explique que les enfants présentant une dyslexie ont plus de facilités lorsqu’ils peuvent lire sur l’écran d’une tablette numérique. Le Docteur Matthew Schneps (Centre des sciences de l’éducation d’Harvard) a confirmé cela en expliquant que « cela tient tout simplement au fait que sur l’écran, il y a moins de mots sur chaque ligne, ce qui permet de se concentrer sur chacun d’eux ». Cette explication rejoint les études préexistantes qui avançaient déjà le fait que les dyslexiques lisaient mieux lorsque les mots et les lettres d’un texte étaient bien espacés. Les outils numériques, contrairement à la majorité des livres, permettent d’instaurer un tel espacement et d’adapter les polices de caractère.


En dehors de ces situations particulières, les outils numériques peuvent également intervenir dans les apprentissages des enfants qui ne présentent pas de trouble ou de difficulté spécifique, par exemple, dans le cadre d’un apprentissage du langage écrit, où l’on pourrait utiliser des « logiciels ludiques d’apprentissage » pour les conversions grapho-phonologiques. (Guillaud, 2013)




2. L’impact sur le développement cognitif.


Il est régulièrement avancé que le cerveau serait capable, grâce à ses capacités adaptatives, d’incorporer les outils numériques à ses circuits neuro-culturels, tout comme il a intégré, par le passé, la lecture et l’écriture (Bach et al., 2013)

Comme Serge Tisseron l’a montré, en 2013, les écrans interactifs sont un support très intéressant pour l’intelligence dite « spatiale ». Ces mêmes écrans pourraient s’avérer bénéfiques en termes de perception et d’attention visuelle rapide (Dyle et Bavelier, 2010).


Également, dans son article « Enfants et écrans, psychologie et cognition », Guillaud (2013) défend le fait que les jeux vidéo permettraient de développer l’attention visuelle, l’identification de cibles, l’attention divisée et la prise de décisions rapides et va plus loin en prônant que les outils numériques pourraient servir d’outils dans le cadre d’un projet d’éveil cognitif précoce de l’enfant, dans lequel on pourrait imaginer la découverte d’activités telles que la catégorisation de formes, de couleurs, de sons, etc. Cela doit toutefois être réalisé en présence d’un adulte !


Enfin, les écrans interactifs auraient un effet bénéfique sur la mémoire de travail. En effet de par leur conception, nécessitant de pouvoir travailler avec plusieurs sources en même temps, en les comparant et en les manipulant, les outils numériques stimulent la mémoire de travail qui se renforce alors (Tisseron, 2012)



A travers cet article et le précédent (partagé le 1/10/20 sur notre blog), vous vous en serez donc rendu compte, les outils numériques peuvent avoir des impacts positifs et négatifs en fonction de l’utilisation qui en est faite. Il est donc primordial d’apprendre à bien les utiliser seul, et en famille, avec les enfants. Ce sujet sera le thème de notre dernier article.



Si vous vous questionnez par rapport à l’éventuel impact des écrans sur votre enfant ou encore si vous désirez vous en servir comme d’un outil de soutien dans le cadre de difficultés, n’hésitez pas à prendre contact avec le cabinet La clé de la réussite qui saura vous informer !




Delfante Pierre

Logopède

0484/892.600

pierrelogopedie@gmail.com





Sources :


- Bach JF, Houdé O, Léna P et Tisseron S (2015). L’enfant et les écrans, un avis de l’académie des sciences. Paris, France, Education le pommier.

- Bihouix P & Mauvily K (2016). Le désastre de l’école numérique, plaidoyer pour une école sans écrans. Paris, France, seuil.

- Duflo, S (2018). Quand les écrans deviennent neurotoxiques, protégeons le cerveau de nos enfants. France, Marabout.

- - Harlé B & Desmurget M (2012). Effet de l’exposition chronique aux écrans sur le développement cognitif de l’enfant.

- Tisseron, S (2013). Apprivoiser les écrans et grandir. Toulouse, France, Erès.



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