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“DYS” moi tout


1. Préambule explicatif.

Depuis quelques années, nous entendons beaucoup de choses sur les « DYS ». De l’institutrice qui nous parle de son élève dysphasique, au coach sportif qui nous relate les difficultés de son poulain dyspraxique, en passant par les parents qui nous racontent le quotidien de leur enfant dyslexique, dysorthographique ou dyscalculique, il est facile de s’égarer parmi les nombreuses informations qui circulent.

Cet article a pour vocation de faire un point rapide sur deux de ces troubles des apprentissages, la dyslexie et la dysorthographie, ainsi que sur ce qu’ils impliquent.

Avant de terminer cette courte introduction, précisons que cet article décrit, de façon non-exhaustive, certains signes liés à ces troubles. Il est important de ne pas donner à ces « symptômes » plus d’importances qu’ils en ont. En effet, un diagnostic ne repose pas sur un ou deux éléments isolés, mais sur l’étude et la compréhension d’un ensemble d’informations à prendre en compte.

2. Les « DYS »… c’est quoi ?

Lorsque nous évoquerons les DYS, nous ferons référence à des « troubles durables du neurodéveloppement et des apprentissages ». Comme nous l’avons dit plus haut, ces troubles des apprentissages, ou « troubles DYS », regroupent des troubles tels que la dyslexique, la dysorthographie, la dysphasie, la dyspraxie, la dyscalculie…

Avant d’aborder ces points de façon plus spécifique, précisons quelques éléments nécessaires à la bonne compréhension du sujet qui nous intéresse :

a) Une différence fondamentale est à faire entre un retard et un trouble. En effet, si le retard peut se rattraper, le trouble, lui, est durable. Il perdure dans le temps. C’est d’ailleurs un indicateur d’une importance cruciale lorsqu’il s’agit de poser un diagnostic.

b) Les troubles DYS, sans s’attarder sur leur provenance, renvoient à une origine neurodéveloppementale innée, ce n’est donc pas quelque chose qui s’acquiert au cours de l’existence. Toutefois, une nuance est à apporter car des troubles DYS « acquis » peuvent exister. Par exemple, une personne ayant été victime d’un AVC pourrait présenter des difficultés telles que celles que nous retrouvons dans les troubles des apprentissages,

c) Certains éléments écartent d’office le diagnostic de DYS. Par exemple, en cas de Qi (quotient intellectuel) trop bas, aucun diagnostic de « troubles des apprentissages » ne sera établi et ce, même en cas de difficultés. En effet, il serait alors considéré que l’origine des troubles provient plutôt du faible Qi.

3. Dyslexie et dysorthographie.

Si nous avons choisi d’aborder ces deux troubles, c’est parce qu’ils s’agit de deux troubles d’acquisition du langage écrit et qu’ils sont parmi les plus fréquents lorsque l’on évoque les troubles « DYS ».

La dyslexie est un trouble du développement du langage écrit. La dysorthographie, elle, est un trouble du développement de l’orthographe. Ces deux éléments sont intimement liés en ce qu’ils font intervenir un nombre important de processus identiques. Il n’est pas rare de rencontrer des patients qui soient à la fois dyslexiques et à la fois dysorthographiques.

Prenons la dyslexie. C’est donc un trouble d’acquisition du langage écrit qui renvoie à un trouble durable dans l’apprentissage de la lecture.

Certains signes peuvent mettre la puce à l’oreille !

- Un retard lexical (le vocabulaire de l’enfant semble être du niveau d’un enfant plus jeune).

- Des difficultés d’accès au lexique (par exemple, l’enfant connaît un mot mais ne parvient pas à le récupérer en mémoire).

- Des difficultés dites « métaphonologiques » (par exemple, scinder un mot en syllabes).

- Une difficulté de reconnaissance des mots.

- Des erreurs dans le décodage des mots (par exemple, inversion dans l’ordre des lettres, confusions ou omissions de lettres, etc).

- Des difficultés de compréhension en lecture.

- Une mémoire verbale faible (par exemple, peut se traduire par une difficulté à retenir une consigne orale).

Pour ce qui est de la dysorthographie, il s’agit donc d’un trouble d’acquisition du langage écrit qui renvoie à un trouble durable du développement de l’orthographe.

Les signes que nous retrouvons le plus souvent sont donc :

- Des erreurs phonologiques : Ces erreurs sont dites « non phonologiquement plausibles », cela veut dire que lorsque le mot mal orthographié sera lu, il sera impossible pour le lecteur d’en saisir le sens réel (par exemple : « médali » pour « médaille »).

- Des erreurs lexicales. Ces erreurs sont liées à l’orthographe d’usage et renvoient, par exemple, au fait d’omettre un « e » muet en fin de mot.

- Des erreurs grammaticales. Liées à la grammaire de la langue, elles renvoient par exemple à l’oubli du « s » lors de l’accord d’un nom au pluriel.

- Des erreurs linguistiques. Elles portent sur la forme du mot, son aspect visuel. Un enfant qui écrirait « trègrand » pour « très grand » ou ‘la beille » pour « l’abeille » produirait des erreurs linguistiques.

Précisons que même si cela lui demande des efforts drastiques, un enfant dysorthographique peut retenir des mots (pour un contrôle, par exemple). Cependant, ces mots ne seront pas intégrés dans le « lexique orthographique ». L’enfant dysorthographique ne pourra donc pas orthographier correctement les mots étudiés une fois placé dans un contexte différent ou une fois un certain laps de temps écoulé.

Comme pour les autres « DYS », les acquisitions demandent énormément d’efforts mais ne perdurent pas dans le temps.


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Pierre Delfante

Logopède

0484/89.26.00

Sources :

- Egaud. C (2016). Les enfants DYS. Guide pratique à destination des parents.

- Habib. M (2018). La constellation des DYS. 2E édition.

- Maeder. C (2012). Troubles dyslexiques et troubles de la compréhension écrite : quels liens, quelles différences, quelles évaluations ?

- Bogliotti. C (2012). Les troubles de la dénomination.

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