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Énurésie nocturne - Petite astuce pour supprimer les pipis au lit la nuit


L'énurésie (plus simplement, le pipi au lit) est une condition qui touche environ 15 à 20% des enfants âgés de 5 ans et un peu plus de 2% des adultes. Elle touche les garçons âgés de 8 à 11 ans à hauteur de 6,5 % et les filles à hauteur de 4,5% (Shreeram et al., 2009). Ce type d'énurésie se résout dans la majorité des cas de manière spontanée.

L'énurésie peut cependant avoir, si elle perdure chez les enfants et adolescents plus âgés, des conséquences négatives sur l'estime et l'image de soi et de manière générale sur la qualité de vie (Sarici et al., 2016). Il n'est pas rare de rencontrer au cours des consultations des parents qui ont tout tenté : acupuncture, hypnose, fleurs de Bach, amélioration de l'hygiène de vie, cristaux, magnétisme, et j'en passe ...


Dans le cadre de cet article, je vais discuter plus particulièrement de l'énurésie nocturne, dite primaire (80 à 90% des cas). Elle est à l'interface entre des prédispositions génétiques, biologiques et des facteurs développementaux. L'énurésie secondaire, quant à elle tributaire de facteurs psychologiques, fera l'objet d'un prochain article.

L'énurésie nocturne est définie comme l'évacuation répétée et spontanée de l'urine durant le sommeil chez les enfants âgés de 5 ans voire plus. Elle est causée par le manque d'harmonisation entre 1) la capacité volumétrique de la vessie, 2) la production nocturne de l'urine, ET 3) par l'incapacité de l'enfant à se réveiller en réponse à une vessie remplie.

Les interventions comportementales pour la traiter incluent un comportement ou une action qui favorise les nuits sèches, et le renforcement de ce comportement. Le traitement peut néanmoins être différé jusqu'au moment où l'enfant ait la volonté d'y adhérer.


On considère que ces interventions sont réparties comme suit :


• A ) des interventions simples - les comportements ou les actions sont atteints par l'enfant sans grand effort, et


• B) des interventions complexes - ce sont des interventions comportementales multiples qui requièrent un plus grand effort de la part de l'enfant et de ses parents, incluant des "alarmes".


Les interventions simples sont souvent utilisées en premières intentions pour améliorer l'énurésie nocturne et incluent des systèmes de récompenses comme des jetons - ou autres signaux - obtenus pour les nuits sèches, le réveil de l'enfant durant la nuit pour uriner, l'entrainement au contrôle sphinctérien en vue d'augmenter la capacité de la vessie, et la restriction des liquides (éviter de boire avant de dormir).


Cependant, la littérature soutient le système d'alarme comme étant l'intervention la plus efficace (Ramakrishnan, 2008; Brown, Pope & Brown, 2011). Ce traitement peut être combiné avec une approche pharmaceutique pour les cas les plus résistants. A ce titre, la desmopressine sera prescrite dans le cas de polyurie (quand l'enfant urine plusieurs fois durant la nuit). Ce médicament imite le mécanisme de l'hormone antidiurétique en diminuant la production d'urine.


LE SYSTÈME D'ALARME, COMMENT ça MARCHE ?


L'énurésie nocturne primaire peut aisément se réguler grâce à l'utilisation d'un système d'alarme. Concrètement, il s'agit d'un dispositif utilisant une sonde qui est placée dans le sous-vêtement de l'enfant. Dès que la sonde détecte du liquide, elle déclenche une alarme par vibration (un élastique est placé autour du bras du dormeur) et/ou une sonnerie. Ce système aura pour conséquence de réveiller l'enfant pour qu'il termine ses besoins aux toilettes (vous comprenez pourquoi l'enfant doit y adhérer). Pour les plus jeunes, l'alarme peut être placée dans la chambre des parents pour aider au réveil, du moins dans les premiers jours d'utilisation ! Eh oui ... tout le monde s'y colle !


Vous allez peut-être considérer que ce traitement est lourd. Oui, il faut se lever parfois au beau milieu de la nuit ... La période des vacances (ou de confinement) est donc le moment propice ! Mais je vous certifie, pour avoir eu de bons retours venant des personnes qui me consultent, des résultats efficaces. D'expérience, la durée d'utilisation d'un tel dispositif oscille entre 1 et 3 semaines pour les premiers résultats (même auprès d'enfants énurétiques depuis 10 ans !). Mais surtout, c'est sans compter sur la persévérance à employer l'outil de manière répétée pendant les nuits et ce, au moins jusqu'à 3 mois. Au niveau du coût financier, l'alarme est d'environ 49 euros. Personnellement, je conseille celle-ci . Cela vous évitera des consultations interminables, et l'achat d'alèses (vive l'économie, vive l'écologie) ...


MAGIQUE ?


Magique ? Non, pas du tout. Scientifique. Ce mécanisme est connu depuis les années 1930 (Mowrer & Mowrer, 1938). Sans compter l'apport théorique d'Ivan Pavlov des années 1890. Pour les plus assidu.e.s d'entre vous, voici l'explication. Tout est une question d'association, de conditionnement.


1. Avant l'association : Toutes sonneries provoquent le réveil de l'individu. Pour le moment, chez les enfants énurétiques, une vessie pleine ne provoque pas le réveil. On va donc associer les deux.


2. Au début : Une vessie remplie DÉCLENCHE/PROVOQUE une sonnerie qui DÉCLENCHE/PROVOQUE à son tour le réveil.

3. Après : une vessie remplie, après conditionnement (étape 2) (et répétition) provoque tout simplement le réveil. Et plus besoin de sonnerie ...



Robin Bastien

Psychologue cognitivo-comportementale

0498/49.04.11

Si vous et votre enfant avez besoin d'aide, n'hésitez pas à contacter le cabinet La clé de la réussite


REFERENCES

Brown, M. L., Pope, A. W., & Brown, E. J. (2011). Treatment of primary nocturnal enuresis in children: a review. Child: care, health and development, 37(2), 153-160.


Mowrer, O. H., & Mowrer, W. M. (1938). Enuresis—a method for its study and treatment. American Journal of Orthopsychiatry, 8(3), 436.


Ramakrishnan, K. (2008). Evaluation and treatment of enuresis. American family physician, 78(4), 489-496.


Sarici, H., Telli, O., Ozgur, B. C., Demirbas, A., Ozgur, S., & Karagoz, M. A. (2016). Prevalence of nocturnal enuresis and its influence on quality of life in school-aged children. Journal of pediatric urology, 12(3), 159-e1.


Shreeram, S., He, J. P., Kalaydjian, A., Brothers, S., & Merikangas, K. R. (2009). Prevalence of enuresis and its association with attention-deficit/hyperactivity disorder among US children: results from a nationally representative study. Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry, 48(1), 35-41.





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